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Benoît XVI à la mosquée, l’acte II de Ratisbonne

Une intéressante analyse italienne du discours prononcé par le pape Benoît
XVI à la grande mosquée d’Amman

Le 09 mai 2009  – Eucharistie Sacrement de la Miséricorde
-
Le

Discours
de Ratisbonne était le grand fantôme qui flottait sur la veille
de la rencontre de ce matin dans la mosquée de Amman.
Et ponctuellement, il s’est matérialisé.
Que ce soit dans les mots du prince Ghazi bin Talal que dans ceux – même
sans le nommer – du
Discours
de Benoît XVI.

Ce fut donc un dialogue extrêmement franc, comme Joseph Ratzinger les aime.

Celui du promoteur de la “lettre des 138” n’a pas été un simple salut, mais
un véritable discours.
Et il a été très franc : il a tenu à mettre les points sur les “i” sur
plusieurs choses.
Il a dit explicitement que la lecture du prophète Mahomet proposée dans la
citation utilisée par Benoît XVI à Ratisbonne était erronée, reconnaissant
cependant que le Pape avait montré en plus d’une occasion son respect pour
les musulmans. Ensuite – après avoir magnifié le modèle jordanien de
cohabitation entre des chrétiens et les musulmans – il n’a pas manqué de
faire remarquer qu’il y a quelques endroits où les chrétiens sont en
majorité et où il n’en va pas de même.
En particulier, il a cité le cas de Mindanao, aux Philippines.

Ceci dit, cependant, il a aussi ajouté un éloge du Pape, auquel beaucoup de
chrétiens devraient peut-être réfléchir : il a dit que la force de Benoît
XVI est dans sa capacité de parler selon sa conscience, sans se préoccuper
de suivre les modes.

Puis, ce fut le tour du Pape.
Et ici la chose plus intéressante est que dans la dernière partie du
discours, Benoît XVI a répété ce qui était le cœur du discours de
Ratisbonne.
Autrement dit que « lorsque la raison humaine consent humblement à être
purifiée par la foi, elle n’est en rien affaiblie ; au contraire, elle est
renforcée, en résistant à sa présomption, pour aller au-delà de ses propres
limite
s ».
Donc, la raison n’est pas ennemie de la foi. Et c’est par la force de la
raison que chrétiens et musulmans « sont poussées à chercher tout ce qui est
juste et droit
». Comme c’est aussi la raison qui nous permet de démasquer
ceux qui manipulent la religion à des fins politiciennes pour en faire « le
catalyseur réel des tensions et des divisions, et même assez souvent des
violences dans la société ».
Essayez de relire le

Discours
de Ratisbonne de 2006 : vous vous apercevrez
que – au-delà de la citation contestée de Manuel II Paléologue – c’était
précisément le centre du message.

Aujourd’hui, donc, Benoît XVI a expliqué le discours de Ratisbonne aux
musulmans. Le problème, cependant, c’est qu’en 2006 il n’y a pas eu que le
monde islamique à ne pas comprendre.

Nous en avons eu la confirmation ce matin en lisant sur le Corriere della
Sera
une interviewe de Daniel Pipes (ndt: intellectuel juif américain proche
du mouvement néoconservateur)
, qui se dit déçu par les propos du Pape sur
l’islam (en résumé, il dit qu’il est devenu « buonista
», voir le sens de ce
terme selon Magdi Allam ndt)
et souhaite une encyclique de
laquelle émerge le vrai Ratzinger (qui est celui qui lui plaît, à lui).
Autant il n’était pas vrai en 2006 que pour le Pape l’islam était une
religion irrécupérable, autant aujourd’hui Benoît XVI n’est pas convaincu
qu’une poignée de mains suffise à résoudre des incompréhensions vieilles de
plusieurs siècles.
Le dialogue vrai a besoin d’une raison ouverte à l’Absolu. Ceci vaut pour
les musulmans, mais aussi pour les gourous de la pensée neocon.

http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=0905099_mosquee

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